L'APTITUDE A L'ORGASME

Faut-il remuscler le périnée des anorgasmiques ?


Une mesure précise de la contraction des muscles périvaginaux fut pratiquée sur une série de 86 femmes venant consulter pour contraception.
Une corrélation significative existe entre l'aptitude à l'orgasme et la force des muscles périvaginaux P < 0,001.
L'auteur suggère que dans le traitement de l'anorgasmie on s'applique à renforcer la musculature périnéale.

RÉSUME

La musculature périnéale a semble-t-il préoccupé les humains depuis la plus haute antiquité. La légende populaire voudrait que Cléopâtre fût dotée d'une musculature particulièrement efficace. D'aucuns prétendent même que cette aptitude n'est pas étrangère à la célébrité dont elle jouit.

La littérature médicale est malheureusement peu prolixe en ce domaine. Nous savons pourtant que le professeur Henry Mondor conseillait à ses patientes anorgasmiques de muscler leur plancher pelvien. Il utilisait des boules métalliques de volume décroissant, destinées à pratiquer des contractions vaginales contre résistance.

C'est un contemporain, le professeur Arnold Kegel de San Francisco, qui le premier a étudié scientifiquement le phénomène. Il montre que 40% des femmes traitées pour anorgasmie présentent un relâchement de la musculation périnéale. Kegel utilise une sonde endovaginale gonflable reliée à un manomètre qui objective l'augmentation de la pression provoquée par les contractions musculaires.

Ces travaux sont actuellement repris par l'Américain Grager, qui ne fait que confirmer le lien étroit existant entre l'aptitude à l'orgasme et la force des muscles périvaginaux. Par ailleurs, le professeur Lavoisier en France a montré qu'une rééducation journalière de 1/4 d'heure pendant 2 mois avec un Vagibar augmentait de façon considérable la force musculo-périnéale. Un espoir raisonnable est donc permis.

HISTORIQUE

La musculature périnéale a semble-t-il préoccupé les humains depuis la plus haute antiquité. La légende populaire voudrait que Cléopâtre fût dotée d'une musculature particulièrement efficace. D'aucuns prétendent même que cette aptitude n'est pas étrangère à la célébrité dont elle jouit.

La littérature médicale est malheureusement peu prolixe en ce domaine ; nous savons pourtant que le professeur Henry MONDOR conseillait à ses patientes anorgasmiques de muscler leur plancher pelvien. II utilisait des boules métalliques de volume décroissant, destinées à pratiquer des contractions vaginales contre résistance.
C'est un contemporain, le Professeur Arnold KEGEL de San Francisco, qui le premier a étudié scientifiquement le phénomène. Il montre que 40% des femmes traitées pour anorgasmie présentent un relâchement notable de la musculation périnéale. Kegel utilise une sonde endovaginale gonflable reliée à un manomètre qui objective l’augmentation de la pression provoquée par les contractions musculaires.
Ces travaux sont actuellement repris par l'américain GRABER, qui ne fait que confirmer le lien étroit existant entre l'aptitude à l'orgasme et la force des muscles périvaginaux.

MATÉRIEL ET MÉTHODE

A) L'interrogatoire

L'enquête a porté sur 95 femmes venant consulter pour un examen systématique de surveillance de leur contraception. Nous n'avons retenu que 86 femmes, l'interrogatoire des 9 autres étant imprécis ou hésitant.
Nous avons noté :
-          l’âge,
-          le nombre d'accouchements par voie basse avec ou sans forceps,
-          le nombre d'épisiotomies,
-          l'existence de déchirure classée en légère ou importante
-          le nombre d’I.V.G.,
-          le temps s'étant écoulé depuis le dernier accouchement ou la dernière I.V.G.,
-          la fréquence des rapports,
-          l'existence ou non d'orgasmes en dissociant les orgasmes obtenus par stimulation clitoridienne sans pénétration et les orgasmes obtenus lors d'un
coït. Nous n'avons retenu que les orgasmes coïtaux.

L'aptitude à l'orgasme a été appréciée selon sa fréquence au cours de 5 rapports, ce qui nous a permis de constituer 3 groupes :
-          le groupe I : "orgasmes faciles" composé de femmes ayant des orgasmes 3, 4 ou 5 fois sur 5 rapports,
-          le groupe II : "orgasmes moyens" composé de femmes ayant un orgasme 1 ou 2 fois sur 5 rapports,
-          le groupe III : "anorgasmiques" composé des femmes n'ayant jamais d'orgasmes vaginaux, mais pouvant pour certaines d'entre elles avoir des
orgasmes clitoridiens.

B) La mesure de la contraction des muscles périvaginaux.

   

La contraction musculaire fut enregistrée à l'aide d'un Vagibar.
Le Vagibar est composé d'une sonde gonflable placée dans le vagin et reliée à un manomètre.
La pression du ballon avant l’introduction vaginale a été fixée à 100 mm de mercure. Une fois la sonde introduite et après avoir attendu trois minutes que les échanges thermiques entre le vagin et l’air contenu dans le ballon se soient effectués, nous avons noté la pression enregistrée avant contraction, cette pression étant le reflet du tonus musculaire de base et de l’élasticité du périnée.
Un deuxième pression fut enregistrée lors d'une contraction volontaire des muscles périvaginaux en prenant soin de surveiller en mettant la main sur le ventre de la patiente, qu'il n'y avait pas de contraction sensible des muscles abdominaux. C'est le gradient de pression existant entre le tonus de base et la contraction volontaire que nous avons considéré comme étant le reflet de la force musculaire des muscles périvaginaux.


RÉSULTATS

L'âge des femmes se répartit selon le tableau (1) sur lequel est indiqué par tranche d'âge la force musculaire moyenne et le nombre de cas par catégorie.
La force musculaire moyenne en fonction du nombre d'accouchements est notée ci-dessous.
0 enfant : pression moyenne = 24,05 (34 cas)
1 enfant : pression moyenne = 20,03 (20 cas)
2 enfants : pression moyenne = 16,14 (21 cas)
3 enfants : pression moyenne = 25 (7 cas).


DISCUSSION

Il est bien évident qu'il existe une incertitude sur l'interrogatoire.
-          certaines femmes pensent avoir un orgasme et n'en ont pas,
-          d'autres voudraient en avoir et n'osent pas avouer qu'elles n'en ont pas.
Seul un enregistrement des contractions périnéales au cours de l'orgasme coïtal aurait une valeur scientifique. Ce travail n'a pas été fait, il serait intéressant, mais il n'est pas certain qu’il y ait une corrélation exacte entre les contractions rythmées des périvaginaux et le ressenti de l'orgasme.
C'est la raison pour laquelle cette étude portant sur la sensation orgasmique offre un grand intérêt pour le sexologue bien qu'elle soit discutable sur le plan scientifique.
- La corrélation entre l'aptitude à  l'orgasme et la force musculaire fut établie selon la méthode statistique indiquée sur le tableau 3.

Tableau 3

pression

0-19 mm Hg

20-29 mm Hg 30-50 mm Hg
orgasme facile O=5
C=16.3

O=12
C=10.2

O=23
C=13.5

moyen O=15
C=10.6

O=7
C=6.6

O=4
C=8.7

anorgasmique O=15
C=8.1

O=3
C=5.1

O=2
C=6.7

Afin de réduire autant que faire se peut l'incertitude concernant le dire des femmes à propos de leur orgasme, nous avons retenu l'interrogatoire de celles que nous connaissions depuis au moins 3 ans et avec lesquelles nous avions eu des discussions sur leur sexualité.
Nous avons éliminé de l’étude celles qui nous paraissaient hésitantes ou gênées par l'interrogatoire.
Il existe probablement une certitude sur la mesure visualisée sur le manomètre. Nous envisageons de reprendre cette étude à l'aide d'un enregistrement graphique qui sera certainement plus précis.
Il est permis de penser que certaines femmes peuvent avoir une musculature efficace au cours d'un coït, tout en étant incapables de contracter leurs muscles de façon satisfaisante dans un cabinet médical.
Le tableau (1) montre que la pression moyenne est maximum pour la tranche d'âge de 20 à 30 ans, par contre elle ne semble pas décroître avec l'âge comme on pouvait s'y attendre, mais le nombre de cas étudiés n'est pas suffisant pour avoir une valeur vraiment significative.
Le tableau (2) montre que les nullipares possèdent une meilleure force musculaire que les femmes ayant eu 1 ou 2 enfants, ce qui était prévisible, par contre, on constate une élévation paradoxale de la force musculaire pour les femmes ayant eu 3 enfants, mais le nombre de cas étudiés n'est pas suffisant pour tirer des conclusions statistiques valables


CONCLUSION

Cette étude montre qu'il existe une corrélation significative entre l’aptitude à l'orgasme et la force musculaire périvaginale comme le pensaient de nombreux auteurs (1 à 15).
Nous avons pu montrer (1) qu'une rééducation journalière d’1/4 d'heure pendant 2 mois avec un Vagibar augmentait de façon considérable la force musculo-périnéale.
Ce travail n'ayant pas été fait sur des femmes anorgasmiques mais dans des cas d'incontinence d'urine d'effort et de prolapsus débutant,, il est trop tôt pour affirmer que la seule musculation périnéale ait un effet thérapeutique réel.
La multiplicité des facteurs entrant dans le déclenchement de l'orgasme sont tels que cette approche est fort délicate.
Néanmoins, au terme de cette étude, il paraît cohérent de proposer aux anorgasmiques en plus des thérapeutiques habituelles une rééducation efficace et contrôlée de leurs muscles périvaginaux.


BIBLIOGRAPHIE

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14.     TORDJMAN G., Réalités et problèmes de la vie sexuelle (HACHETTE).
15.     ZWANG G., Les chemins de l’épanouissement sexuel (Robert LAFFONT Editions).
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